Table des matières

COMPTE-RENDU DU 3 MARS

Ordre du jour

Charmandises en cours

… et le 107bis qui annonce l'arrivée du fromage du Haut-Jura

Charmandises à venir

Et puis on a commencé par Benjamin pour évoquer le projet de groupement d'achat Agro. Il s'agirait d'une “coopérative” basée sur le modèle du RAAR[ES] ou à peu près, s'adressant aussi bien à des étudiant-e-s qu'à des travailleur-euse-s, des précaires et impliquant son quartier (autour de la salle Paul Emile Victor je crois). La CoopAgro souhaite faire travailler des producteur-trice-s en difficulté et à ces fins chercherait à développer son propre réseau. Ce à quoi plusieurs chamarades ont fait remarquer qu'il serait ridicule de ne pas profiter de celui du RAAR[ES], ce qui n'empêcherait pas d'autres démarchages en vue d'échanges ultérieurs. Il est aussi proposer que chacun-e des chamarades en contact avec des producteur-trice-s, leur demande si ça peut les intéresser de rencontrer d'autres groupe de consommateur-trice-s. Enfin si on peut arriver à se coordonner lors de la livraison de charmandises plutôt que d'utiliser plusieurs véhicule, cela peut arranger tout le monde.

Charmandises en cours

Les confiotes de Marie

C'est donc la dernière livraison de confiture (jusqu'à la prochaine). Le congélo de Natacha étant tombé en rade, elle a dû passer ses stocks de fruits périssables. Groseilles et cassis seront disponibles en barquette à partir de août. En juillet les confitures reprendront et c'est à partir de juin que cela s'organisera (là j'avoue que mes notes de sont pas claires, si tu peux apporter des précisions Marie…)

Concernant l'huile d'olive d'un producteur de St Jean de Fosse, Marie précise que la priorité est donnée à celle de Jacques.

Rallou est marron

Il s'agit d'un couple décidé à valoriser la châtaigne en la proposant sous différentes formes : crème, purée sans sucre, farine, châtignon…). Il propose aussi des jus de pommes. Rallou ajoute que le producteur de pomme de la région d'Arles ne devrait pas être retenu par la coop du fait de son lieu de production trop éloigné et de la nature de ses pommes de variétés classiques que l'ont retrouve dans le commerce habituel (Pink lady…).

Cécile a pondu

Raphaëlle Scott exploite en bio, de la volaille à Sommières. Tous les 15 jours elle peut livrer ses œufs à raison de 2,3 € les 6. Elle a besoin de soutien et propose que soit organisée une visite de son exploitation. Par ailleurs Cécile enverra sur la liste un document PDF concernant cette dernière.

Johann très en fourme

La commande sera lancée début avril après que notre chamarade se soit remis de la semaine de l'environnement (du 19 au 27 mars à la Fac de Sciences, demandez le programme !). Une livraison de jus de raisin du Minervois en bib (bag in box) de 3 et 5 L est prévue d'ici une à deux semaines. Un courriel circulera sur la liste pour l'annoncer.

Huile de Jacques

Rémy appelle les membres de la liste à répondre au courriel concernant l'huile de Jacques annoncée à 11,5 € le litre pour l'une et 13 € pour l'autre. Il rappelle aussi ce que Marie disait plus haut, à savoir qu'on écoule d'abord cette huile avant de s'adresser à un-e autre producteur-trice.

Savon

Anna qui bulle ne prévoie pas pour l'instant de nouvelle commande de savon chez Madamane. Elle évoque le soucis lié à l'huile essentielle de lavandin française. Il semble que ça qualité ne soit pas excellente du fait d'une surexploitation des terres.

Le miel

Le parrainage des ruches qu'a lancé Flora, a été un succès, au-delà de ses espérances. L'objectif du projet était d'atteindre les 31 ruches, ce qui semble fait. Elle a d'autre part racheté les parts d'un collègue dans une miellerie coopérative montée en SCI. Elle a également un projet de culture de plantes médicinales. Un chamarade intervient pour proposer des ruches vides qu'il a à disposition.

Charmandises à venir

Il semble que la coop soit depuis longtemps déjà à la recherche de producteur-trice-s de viande bovine répondant à ses critères. Une voix s'est cependant élevée lors de la discussion pour demander s'il y avait tant de chamarades que ça qui en mangeaient (sous-entendu qu'il serait peut-être temps d'en réduire sa consommation), mais la réponse a été faite qu'il y avait de la demande…

Viande bovine

Jean-Philippe

C'est par Benjamin que Jean-Philippe Pérols est venu jusqu'à nous pour présenter sa ferme qu'il exploite seul. Ancien viticulteur, il s'est reconverti dans la bidoche bovine. Nous ne lui avons pas demandé ses raisons, ce qui aurait sans doute écourté le débat inutile qui suivit. Il nous a cependant laissé entendre qu'après la vigne, il avait souhaité continuer une activité agricole sur ses terres.

Il possède 20 mères et un taureau de race limousine. Elles/il sont nourries avec ce qu'il peut produire comme fourrage sur ses anciennes vignes, avec un apport en azote… Il y ajoute en complément des céréales non bio orge et blé), achetées à une coopérative du côté de l'Ardèche je crois. Ses bêtes peuvent être traitées avec de antibiotiques en cas de blessure. Elles ont été vaccinées en 2010 contre la maladie de la langue bleue (fièvre catarrhale, non mortelle pour les bovins mais colorant les urines humaines en bleu fluo, nan je déconne). Même s'il a suivit une formation en l'agriculture biologique, il nous dit qu'il y a du pour et du contre…

Les morceaux de cadavres de bœufs et de broutards (veau de 12 à 14 mois), sont proposés en barquette de 5 kg à 11 €/kg, sous forme de rôti de plus de 800 gr, de steak (par 4), de bavette, viande à grillade, côte, filet, bourguignon et pot au feu, le tout sous-vide. Si nous avions à passer commande, il s'agirait de prévoir l'abattage d'une bête adulte et d'un veau (âgé de 8 à 9 mois), ce qui représente grosso modo 225 kg de barbaque à se répartir. Le massacre a lieu dans un abattoir de sa région. La livraison sur Montpellier pourrait facilement s'organiser dans la mesure où Jean-Philippe y a déjà des client-e-s. Une intervention a été faite au sujet de l'emballage sous-vide. La question était de savoir qu'elle était la neutralité de cette technique sur les aliments. Qu'en est-il de l'exsudation ? Plus globalement, c'est le problème posé par la conservation des aliments dans des emballages en plastiques qui a été posée, du fait de la présence récemment mis à jour, de substances toxiques dans la plupart d'entre eux, pour ne pas dire tous. Il ne resterait donc plus que le verre comme matière saine…

Jean-Philippe ne pratique que la vente directe auprès de client-e-s “recruté-e-s” par le bouche-à-oreille ou par les tracts qu'il lui arrive de laisser dans les commerces de sa région. En nous rencontrant, il espère trouver de nouveaux débouchés, nous a-t-il dit.

Durant la présentation, il lui a été expliqué qu'il s'agissait là d'une simple prise de contact et que nous n'étions qu'en phase de recherche. Qu'il n'était donc pas certain que nous ferions appel à ses services, ce qu'il comprenait, nous a-t-il dit encore.. Cette précision fut d'autant plus importante qu'au fur et à mesure de ses explications, l'impression quasi générale que nous avions de son affaire et de sa démarche, ne collait pas avec nos attentes.

La question incongrue lui a alors été posée de savoir ce qu'il pensait de la démarche de la Confédération Paysanne. Et c'était parti pour dix bonnes minutes de discussions stériles, de bafouillages et autres considérations politico-agricoles entraînant un certain malaise, autant chez JP que parmi nous. Cela s'est prolongé malgré les signes de quelques-un-e-s d'entre nous, désireux-ses d'y mettre un terme.

Craviola

La ferme autogérée de la Craviola (dans le Minervois) a été de nouveau évoquée. Il s'agit d'une exploitation fonctionnant sur les principes libertaires mais, comme le fit remarquer Anna, n'ayant pas échappé à des problèmes relationnels, ce qui est inhérent à tout collectif. Ceci pour dire que les bonnes conditions sociales que nous recherchons aussi parmi nos fournisseurs, ne sont pas toujours réunis, même chez ceux les plus engagés. De nouveaux contacts devraient être pris avec la Craviola, bien que cette dernière travaille actuellement sur la tenue d'un forum social cet été.

sud Aveyron

Chloé nous a présenté une exploitation située dans le sud Aveyron, non loin de St Affrique. Il s'agit d'un couple ayant repris une ferme de 125 hectares d'un seul tenant, moitié boisé, moitié dédié à l'herbage, avec l'aide de l'association Terre de lien. Le domaine est en cours de conversion bio. Les paysan-ne-s visent à une autonomie alimentaire pour leur élevage comprenant pas moins de 60 têtes d'aubrac. Il/elle travaillent en collaboration avec une association locale de vétérinaires promouvant les médecines naturelles. Un projet d'habitat écologique est aussi prévu.

Leurs produits sont proposés en barquette de 5 à 10 kg à raison de 12,5 €/kg. Les veaux sont âgés de 6 à 8 mois avant d'être arrachés à leur mères et trucidés.

bovins et de volailles en Aveyron

Johann nous a fait la lecture d'une présentation rédigée par Mathieu et Laurent au sujet d'une exploitation de bovins et de volailles en Aveyron. Les veaux, jeunes bovins ou génisses sont né-e-s et élevé-e-s sur place pendant 8 à 12 mois, en plein air de la mi-avril à la fin novembre entre 750 et 990 mètres d'altitude, et nourris entièrement avec le lait de leurs mères, de l'herbe, du foin et des céréales (bio ?) garanties sans OGM. Le reste de l'année, ils demeurent en étable en stabulation libre à logette (si si !) (pour plus d'infos : http://www.omafra.gov.on.ca/french/livestock/dairy/facts/95-068.htm). Les animaux destinés à la consommation – de race limousine – sont rentrés à l'étable quelques mois avant leur départ pour une bonne finition, entendez la phase finale avant la solution finale… Inutile de préciser, comme les producteur-trice-s l'indiquent sur le document lu, que la période préférée de leurs animaux est celle où il sont en plein air… et vivants.

Pour le veau, sa bidoche rosée est présentée tranchée, conditionnée sous vide par 300 gr environ, vendu en colis de 6 kg comprenant escalopes (1 kg environ), rôti (900 gr environ), côtes sans os (400 gr environ), tendrons (400 gr environ) tout ça à rôtir ou à griller ; et aussi un jarret pour pot au feu (1 kg environ) et de la blanquette pour plat en sauce (1 kg environ), avec la possibilité de l'avoir hachée (environ 12 steaks) ou en saucisse de veau (80 % bovin et 20 % porc). Le colis traditionnel est à 11,8 € le kg.

Pour le bœuf, on est toujours dans la limousine. Sa vente est irrégulière dans l'année, les commandes doivent donc être passées suffisamment à l'avance. La viande est rouge, présentée tranchée et également conditionnée sous vide par 300 gr environ et en colis de 10 kg comprenant entrecôte, faux filet, bavette, tranche noire, noix, sous noix et steak épaule à griller ; jarret, plat de côte pour pot au feu et daube pour plat en sauce avec la possibilité de l'avoir hachée (environ 12 steaks).

Enfin de puis 2008, la ferme propose aussi de la volaille fermière élevée en plein air et aux céréales. Il y a du poulet fermier (de 1,8 à 2,2 kg à 6,5 €/kg) ; de la pintade fermière (environ 1,8 kg à 7,5 €/kg) ; de la canette blanche fermière de 10 semaines (de 1,8 à 2 kg à 7,5/kg) ; du pigeon à 16 €/kg et du lapin à 9 €/kg.

Pour les deux producteur-trices d'Aveyron, la question de la livraison n'a pas été abordée. Elle reste donc en suspend.

fromages de brebis

Marie souhaite revenir sur un couple de producteur-trice-s de fromages de brebis en bio mais sans label. Installé-e-s sur le plateau du Larzac, il/elle nous proposeraient une dégustation de leurs produits. Marie doit répondre à leur invitation par courriel et organiser leur venue. Les fromages se déclinent en pélardons, tome et bleu de brebis.

Mut Vitz 34 / Mauvaise Graine

Est ensuite amené le sujet de l'association Mut Vitz 34 qui distribue le café de la coopérative zapatiste mexicaine du même nom. Il fait suite à un courriel relayé sur la liste par Rémy et présentant les projets de la-dite coopérative et du mode répartition des bénéfices de l'association pour ces derniers. La polémique virtuelle fait suite au fait que ce café est déjà proposé dans le cadre de notre groupement d'achat. Il s'avère en effet que depuis 2004 environ, je (KShoo) propose ce produit, dans le soucis de soutenir les compañero-ra-s en lutte, via la Scoop Andines qui se charge des relations avec les zapatistes et de l'importation de leur production. Cette activité a débuté par la vente par mon ancienne association, les ADN (Agité-e-s des neurones), du café pré-conditionné fourni par la Scoop Andines. Par la suite, j'ai choisi de me le procurer par sac de 69 kg en grain vert. Le café parvenant ainsi en Europe, cela ne retirer aucune plue-value aux producteur-trice-s. Cela permettait en plus de faire travailler un petit torréfacteur local (Olivier de la Brûlerie du Courreau à Montpellier). Et aussi de proposer du sucre complet bio d'Equateur dans la mesure où la commande devait atteindre les 450 € HT pour être franco de port. Si l'association MV 34 venait à être choisie par les chamarades pour livrer le café, je ne pourrais plus proposer le sucre à moins de le commander par… 200 kg ! Je vous laisse imaginer les frais que cela induits pour une toute petite structure comme Mauvaise Graine (ADN a été dissoute fin 2010 pour permettre à Mauvaise Graine de reprendre l'activité). Entre l'avance des fonds, le stockage… sachant que contrairement à ce que prévoient les principes du commerce équitable, MG ne marge pas suffisamment pour dégager du bénéfice en maintenant des prix assez bas, en tout cas à la hauteur “du marche” comme on dit.

Rémy argumente que s'il a fait suivre le courriel de MV 34, c'était parce que la démarche culturelle de l'association lui avait semblé intéressante. MV 34 ne se limite en effet pas seulement à la distribution du café, mais aussi à la rencontre et la connaissance de la culture des indien-ne-s du Chiapas. ADN puis à présent Mauvaise Graine laissent à la Scoop Andines le soin de répartir les bénéfices des ventes, l'aspect culturel n'étant pas l'objet de mon association.

Concernant le commerce équitable – du café en tout cas – j'en ai profité pour informer les chamarades de l'état actuel du marché. Le réseau conventionnel proposait jusqu'à il y a peu, le sac de 69 kg de café vert à 100 € environ. Celui du commerce équitable, lui, l'assurait à 200 €. Petit à petit, le prix du conventionnel a grimpé jusqu'à largement dépasser celui du CE. L'explication réside peut-être dans des manœuvres spéculatives organisées par les multinationales du café, en collaboration avec certaines coopératives pseudo-équitables regroupant surtout de grandes familles de producteur-trice-s des Amériques, gentiment labélisées par Max Havelaar. En constituant d'importants stocks et organisant ainsi une pénurie, elles font artificiellement augmenter le prix des produits. Les grosses coopératives complices abandonnent donc le réseau CE devenu moins rentable pour revenir au conventionnel. Elles en profitent pour écouler des qualités de café moindres, la transparence n'étant pas le fort de ce marché. De leur côté, certaines des petites coopératives de producteur-trice-s se voient tentées de faire de même. Seules les plus engagées politiquement demeurent en CE, mais elles ne semblent pas nombreuses.

Suite à cet échange, aucune décision n'a été prise ni même envisagée.

A l'occasion du salon Primevère, je tacherai d'obtenir de plus amples informations auprès d'un des intervenant d'une conférence, Christian Jacquiau, auteur de deux ouvrages pertinents Les Coulisses de la “Grande Distribution” et Les Coulisses du commerce équitable.